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"Un paysan de Médreïga (village de Hongrie), nommé Arnold-Paul_, fut écrasé par la chute d'un chariot chargé de foin. Trente jours après sa mort, quatre personnes moururent subitement, et de la même manière que meurent ceux qui sont molestés des vampires. On se ressouvînt alors qu'Arnold-Paul avait souvent raconté, qu'aux environs de Cassova, sur les frontières de la Turquie, il avait été tourmenté longtemps par un vampire turc; mais que sachant que ceux qui étaient victimes d'un vampire, le devenaient après leur mort, il avait trouvé le moyen de se guérir en mangeant de la terre du vampire turc, et en se frottant de son sang. On présuma que si ce remède avait guéri Arnold-Paul, il ne l'avait pas empêché de devenir vampire à son tour. En conséquence, on le déterra pour s'en assurer; et quoiqu'il fût inhumé depuis quarante jours, on lui trouva le corps vermeil; on s'aperçut que ses cheveux, ses ongles, sa barbe s'étaient renouvelés, et que ses veines étaient remplies d'un sang fluide."
Digression d’Oriane (feutre noir) : si le rapport du monde au langage reste, quoi que l’on fasse, en grande partie subjectif, comment empêcher que l’usage du langage ne rende vraisemblable des histoires comme celles des vampires ? C’est ce même mécanisme qui rend possible la fiction et qui me permet d’affirmer que toute fiction est vrai pourvu que son lecteur accepte d’accorder une dose d’objectivité aux mots qu’elle utilise : d’où les faux faits divers que la presse utilise pour combler le vide de ses colonnes. Le langage est fondamentalement pervers et c’est, dans l’écriture, ce qui m’intéresse.
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